• Asservissement planifié - Première Partie

     

    Les Français, dans leur ensemble, ne réfléchissent guère à la manière dont ils vivront dans vingt ans. Mais "ON" y a réfléchi pour eux. Davantage par des orientations, des choix, on est entrain de leur organiser un genre de vie baptisé inéluctable. En fait, volontairement, on les destine à un asservissement inhumain, progressif et planifié, auquel on travaille déjà.

    Il suffit pour s'en rendre compte de lire la brochure :

     

    "RÉFLEXIONS POUR 1985" (La Documentation Française, 31 Quai Voltaire - Paris 7ème}.

    L'Avant-propos débute ainsi :

    "Le lecteur trouvera dans cette brochure publiée par la Documentation Française l'essentiel des travaux du "GROUPE 1985", constitué par le Premier Ministre à la fin de 1962 afin "d'étudier, sous l'angle des faits porteurs d'avenir ce qu'il serait utile de connaitre dès à présent de la France de 1985 pour éclairer les orientations générales du Vème Plan".

    Nous sommes ainsi avertis que ces "Réflexions" ne sont pas à prendre à la légère. Les hommes qui les ont rédigées sont des hommes écoutés par les plus hautes instances du pays. Or, ce que l'on veut faire de la France et des Français s'étale dans ces pages avec une clarté suffisamment redoutable pour retenir à bon droit l'attention. Il est indispensable, pendant qu'il est encore temps, que l'opinion publique soit alertée et réagisse avec vigueur devant la terrible oppression étatique qui menace les Français de demain dans leur vie individuelle, familiale et professionnelle.

    Les lignes de force des réflexions déterminant notre destin nous sont indiquées par le Sommaire placé en tête de la brochure.

    Le voici : RÉFLEXIONS POUR 1985

    1.     L'homme de 1985

    2.     Formation des hommes

    3.     Croissance économique

    4.     Consommation

    5.     Dépenses collectives

    6.     Cadre de vie

    7.     Loisirs

    8.     Esthétique

    9.     Dimension

    10.   Mobilités

    11.   Désuétude

    12.   Administration

    13.   Développement scientifique et technique

    14.   Ressources premières

    15.   Agriculture

    16.   Communications

    Dans notre étude nous suivrons l'ordonnance de la brochure.

    Mais nous ne nous arrêterons qu'à certains des thèmes traités. Nous reproduirons les « Réflexions pour 1985 » qui nous ont paru les plus essentielles et les plus caractéristiques. Nous y ajouterons les nôtres. En toute liberté.


     

    I - RÉFLEXIONS· POUR 1985 

    Sous ce titre, une vue d'ensemble nous est donnée sur les problèmes qui ·ont retenu l’attention, sur les solutions qui sont indiquées et les principes qui ont guidé les choix.

    Le développement de cette vue d'ensemble est articulé autour de certains thèmes ainsi présentés :

     

    « 1985 : Une autre génération - Construire son avenir· - Par des efforts coordonnés - Dans une ouverture sur l'Europe - Et une confrontation avec l'Amérique - Par une promotion de la recherche – Par la Conciliation de l'individuel et du Collectif - Les Dominantes – L’homme - Sa formation - Ses Loisirs - Son cadre de vie - Ses choix de consommation - Une condition : La croissance - A quel prix ? - Trois problèmes clés - Une voie à suivre. »

     

    En une quinzaine de pages, l'essentiel nous est dit. Les autres chapitres de la brochure développent et précisent ces réflexions. Relevons-en quelques-unes.

     

     

     

    SUBVERSION DE L'ENSEIGNEMENT

    "Pourquoi choisir l'année 1985 ? On peut imaginer à cette distance des méthodes de l'Administration ou des modes et structures de la formation des hommes seront tout à fait différents de ce qu’ils sont aujourd’hui"; (p.10), 

    Voilà qui va loin. Se représente-t-on tout ce que cela peut signifier ? On veut changer totalement le mode de la formation des hommes. Mais alors, à quel type d'homme veut-on aboutir ? Quels sont les principes qui président au rejet des méthodes actuelles, pour en choisir d'autres totalement différentes ? On se garde bien de nous le préciser.

    Cela ne doit pas être tellement attrayant, car, aussitôt, on ajoute :

    "Cela serait certes plus difficile, ne serait-ce que parce que plus controversé, à l'échelle d'un ou deux plans de cinq ans".

    L'aveu est bon à retenir. Ainsi, l'un des objectifs poursuivis est la subversion totale de l’Enseignement. Des considérations tactiques, en raison des résistances prévues; repoussent la réalisation de cet objectif à une vingtaine d'années. Mais, c'est lui qui, en fait, sera inlassablement poursuivi. Les Français n'ont pas fini de voir des changements dans les programmes et les méthodes de l'Éducation Nationale. On aura les citoyens à l'usure.

     

    INDUSTRIALISATION A OUTRANCE

    La construction de l'avenir doit conduire à deux résultats :

    "Une agriculture rénovée qui pourrait être la première industrie lourde de la France". (p.11.)

    Cette rénovation libèrera une main-d’œuvre importante. Elle ira travailler dans les usines.

    "D'ici 1985, nous aurons construit autant d'usines qu'il en existe actuellement".

     

    LIQUIDATION DES PROFESSIONS INDÉPENDANTES 

    "Si probable que soit cet avenir, nous ne serons toutefois pas dispensés de le vouloir. Il implique une productivité élevée, donc un appareil de distribution rénové (les points de vente surnuméraires et les rentes de situation qui engendrent des coûtes anormalement gonflés, pourraient disparaitre sans diminuer la qualité des services, pourvu que ceux-ci soient Judicieusement localisés) et une élimination enfin acceptée des structures désuètes, des professions inutiles.". (p. 12)

    Nous voilà prévenus. L'industrialisions forcenée du pays, y compris l'agriculture, régentera les français. Il n'y a plus de place pour les situations indépendantes. On ne nous précise pas quelles sont ces structures jugées dès maintenant : "désuètes", et ces professions dites "inutiles". Mais les intéressés sont dès à présent rayés de la carte, Ils s'en apercevront lorsqu'il sera trop tard.

     

    COLLECTIVISATION GÉNÉRALISÉE

    "C'est donc une mutation de nos mentalités que l'avenir requiert" (p.13). Voilà un avenir singulièrement exigeant. Mais d'après ce qui est préparé et voulu, il n'y a pas trop à s'en étonner. Le problème, nous dit-on, est de concilier l'individuel et le collectif. Quels principes présideront à cette conciliation ? On ne nous le dit pas. Ou plutôt, la réponse est purement négative. On affirme simplement la subversion des valeurs.

    "Il faut convenir cependant que les valeurs elles-mêmes changent â mesure que la société se transforme. Aussi faut-il résister â la tentation de prendre pour valeur tout ce qui parait : permanent et rassurant". (p. 14.) ·

     

    Voilà qui est à la fois net et imprécis. Car il y a des valeurs qui sont à la fois permanentes, rassurantes et imprescriptibles. Lesquelles veut-on faire disparaitre ? Il y a de quoi être inquiet. Car, la famille elle-même n'est plus considérée comme une valeur imprescriptible, mais comme une ·"valeur de tradition". (p. 14.)

    Quel but fondamental faut-il donc poursuivre. Cela, on nous le dit.

    "Il parait en particulier essentiel de restaurer 1a signification du collectif et reconnaitre la signification de l'esthétique". (p.15.)

    Voilà donc les Français orientés vers la collectivisation. On va les y éduquer. Et pour les y aider, on développera en eux le sens de l'esthétique. Nulle mention n'est faite des valeurs religieuses. Le sens du beau : telle est la nouvelle religion préparée pour 1es Français. Elle les aidera à supporter les chaînes du collectivisme. C'est un point de vue. Mais il a de quoi donner à  réfléchir. C’est le moins qu'on puisse dire.

    On nous parle de l’homme et de sa formation. Mais sur ce qu'est l'homme, une fois de plus on reste dans le vague. Plus exactement, on garde le silence. Cette lacune est particulièrement grave. Il faut tout de même avoir une notion de l'homme, et la dire, pour bâtir un plan qui le concerne.

    La formation "dispensera les qualités et les méthodes nécessaires à un meilleur accomplissement des hommes". (p.16.) En quoi consiste ce meilleur accomplissement ? On ne nous le dit pas. C'est pourtant important à avoir.

     

    LA FRANCE URBANISÉE ET DÉSERTIQUE 

    Nous savons du moins ce qui est prévu pour le cadre de vie.

    "L'aménagement convenable du territoire national devra être conçu dans un cadre géographique très large (Europe), et dans une optique assez prospective des modes de vie. Ces aménagements concernent notamment :

    ·         Les régions urbaines dont le développement quantitatif et qualitatif souhaitable à côté de l'agglomération parisienne dépendra de l'équipement et de l’organisation que l'on aura su leur donner ;

    ·        les parties non exploitées du territoire ("les déserts") où l'aménagement de parcs nationaux et de zones de loisirs pourrait répondre à la crainte qu'ont certains de voir tomber les régions correspondantes en désuétude",

    Ainsi l'aménagement de notre territoire devra se faire, non en considération de notre pays, mais en considération de l'Europe. Conséquence : il y aura des villes et des métropoles monstrueuses, d'autre part, des zones considérables non exploitées, Voilà comment, par un ukase discret, mais efficace, des régions entières de France vont être transformées en "déserts", .avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer pour les populations.

     

    MIGRATION EUROPÉENNE DE LA POPULATION

    La croissance économique est indispensable. On nous en indique le prix.

    "Cela demandera aussi la mise en place de conditions plus générales telles notamment qu'une plus grande mobilité des hommes ; des capitaux, des idées et des structures, l'abandon de ce que la routine tend à conserver malgré une désuétude patente, l’accès à une dimension convenable des ensembles industriels, des marchés, des structure administratives. "(p.20)

    "Cette mobilité devra amener les hommes à changer, sans problèmes dramatiques, de profession, mais aussi de lieu de travail, ces possibilités s'étendant au territoire européen.

    Cette mobilité devra tout aussi bien s’appliquer aux techniques, aux structures voire aux idées, et les moyens devront être trouvés de faire disparaitre celle dont la désuétude fait entrave au progrès". (p.21)

    Vraiment ce prix est cher, excessif, et disons-le tout net, inacceptable.

    Voilà donc l'ouvrier qui doit s'attendre à être promené sans façon aux quatre coins de l'Europe. Le Moscovite a sa Sibérie. Le Gascon aura sa Hollande, son Allemagne ou sa Yougoslavie. Bien entendu, quand l'Europe ira jusqu'à l'Oural, l'aire de déplacement sera agrandie d'autant.

    Il faudra faire disparaître les idées, les structures, faisant obstacle au progrès, Mais de quel progrès s'agit-il? Quels "moyens" seront employés pour procéder à cette liquidation ?

    Qu'en termes élégants ces choses-là sont dites, et la belle tyrannie que voilà. D'ores et déjà, en tout cas, les agriculteurs sont prévenus.

     D'ici 1985, la moitié d'entre eux doit disparaître, Le rythme annuel est calculé et prévu: 100 à 150.000 personnes par an. (p. 22) En Russie ; il fut un temps où l'on fit disparaitre toute une couche de la population : celle des petits fermiers.

    Il n'y a rien à faire c'est décidé : "La mobilité des hommes, et des informations, sera l'un des aspects essentiels du monde de demain". (p.23)

    Telle est la vue d'ensemble qui nous est donnée sur la vie que l'on est entrain de préparer aux Français.

    A la vérité, ceux-ci sont pris comme entre les deux branches d'une tenaille : conception de l'homme, les points d'application de cette conception. La première branche reste voilée, dissimulée, énigmatique. Mais c'est elle qui est la plus redoutable. Car c'est elle qui conduit aux points d'application qui sont prévus et préparés, Très délibérément. "L'avenir envisagé permettait encore une marge de choix suffisante". (p.11)

    On prétend : "rendre la société de demain agréable pour l'ensemble des hommes". (p.11) 

    C'est une affirmation gratuite et de propagande. Les options volontaires qui nous sont manifestées dans ce tour général d'horizon sont déjà suffisantes pour nous assurer d'un résultat contraire. Les précisions qui nous sont données dans les développements subséquents ne peuvent que nous en apporter la confirmation.

     

     

    II - L'HOMME DE 1985

    En tête de ce développement consacré à l'homme, on s'attendrait à trouver enfin une définition de l'homme. Il n'y en a point. L'accent est mis seulement sur son originalité biologique. C'est tout. Aucune allusion à sa dimension spirituelle. Nous sommes en présence d'une conception matérialiste.

    En raison de son importance, nous reproduisons intégralement le paragraphe consacré à la famille.

     

    LA FAMILLE

    "Dans la famille, en bien des points, les rôles de l'homme et de la femme tendront à se rapprocher, voire à s'identifier. Cette évolution de la condition féminine sera favorisée par l'aspiration à une activité professionnelle hors du foyer et par le besoin d'indépendance et d'évasion de la femme.

    Cette modification dans l'équilibre du couple aura une grande importance pour l'organisation des maisons des villes, de la cité. Elle aura surtout des répercussions non négligeables sur les enfants : difficile maturation affective des jeunes, conflit entre le rôle traditionnel de la mère et le mode de vie de la femme. La famille sera certainement différente de ce qu'elle est aujourd'hui. Ce que les enfants retiraient autrefois de la seule éducation familiale, et qu'ils prennent aujourd’hui aussi à l'école, ils le recevront davantage encore de leur monde à eux. Déjà certains modèles de consommation (vêtements, livres, musique) et de conduite (vie collective en bandes, vie rapide en voitures ou à motos, vie idéalisée en vacances et en voyages), commencent à prendre une grande importance dans la formation où la part des parents diminue. Le temps leur manque pour s'y consacrer pleinement, et malgré le caractère plus permanent de la formation des hommes et des femmes, l'évolution rapide des choses donne un aspect traditionnel et désuet à ce qu'ils avaient eux-mêmes appris. L'argument d'autorité et la contrainte hiérarchique de parents à enfants que l'on voit disparaitre dans certaines sociétés actuelles (U.S.A.), n'auront- peut-être plus l’importance qu'ils avaient autrefois. 

    C'est probablement les principes mêmes de l'éducation des enfants qui devront changer, non seulement â l'école ou dans les centres extérieurs à la famille (mouvements de jeunesse, ciné-clubs, chorales, etc.), mais dans la cellule familiale. Il faudra sans doute apprendre aux parents à élever leurs enfants, ou les y aider en prenant en considération ces nouveaux rapports jeunes-adultes plus que les normes de la tradition et les exemples immuables. Les sciences humaines auront beaucoup à nous apporter à cet égard. Au demeurant, elles ont l'homme pour objet et doivent, de ce fait, changer avec lui de signification. L'importance du développement de la recherche dans le domaine des sciences de l'homme est, à cet égard, fondamentale". (pp. 33-34)

     

    Une affirmation de base doit retenir l'attention. "La famille sera certainement différente de ce qu'elle est aujourd’hui".

    s'enracinera cette différence ? Dans l'éducation des enfants; Il est marqué que la part des parents dans la formation des enfants diminue. On nous affirme : "l’évolution rapide dès choses donne un aspect traditionnel et désuet à ce qu’'ils avaient eux-mêmes appris"; Ceci représente tout bonnement la, liquidation pure et simple des valeurs permanentes de la famille, de l'autorité des parents et des principes fondamentaux de l'éducation des enfants.

    On s'en explique d'ailleurs très clairement.

    On va aider les parents dans cette nouvelle éducation des enfants, C'est-à-dire : on les conditionnera pour faire disparaitre eux-mêmes les normes de la tradition et les exemples immuables. C'est le comble du raffinement.

    On ajoute : "Les sciences de l'homme auront beaucoup à nous apporter à cet égard", on s'en doute. La manipulation des foules et des groupes est déjà techniquement fort avancée [1] et l'on s'en sert abondamment. Le nouveau champ d'application prévu est la famille elle-même.

    On admettra sans peine que ce paragraphe est tout particulièrement révélateur et redoutable. Il ne fait aucunement mention des droits fondamentaux des parents. Ceux-ci se voient privés de leurs enfants au profit des "centres extérieurs". Et quand ils les ont avec eux, on leur apprend à faire table rase ensemble des valeurs imprescriptibles et des exemples immuables. C'est, en vérité, la subversion radicale de la famille qui est prévue, organisée et annoncée ! Il n'y a pas, comme on le voit, de vergogne pour le cynisme révolutionnaire !

     

    II - LES VALEURS, POUR L'HOMME DE 1985

    Un grand paragraphe est consacré aux ''valeurs". On y remarque un silence total sur les valeurs spirituelles et religieuses. De quelles "valeurs" nous parle-t-on ? 

    Une fois de plus on revient sur l'originalité biologique de l’être humain. Autres valeurs : le respect de la vie, la qualité, la dignité, la solidarité.

    L'éducation est le moyen fondamental pour les acquérir. Nous apprenons alors que l'éducation sera totalitaire, dans tous les sens du terme.

    ·"L'éducation, pour beaucoup, sera permanente tous les âges), totale (famille, école, cité, profession), à la. fois reçue et donnée ; elle changera. de contenu, ou réhabilitera les disciplines anciennes (musique et arts, formation â la. prospective) ; elle permettra à l'homme d'apprendre longtemps et de savoir s'adapter aux changements". (p.37)

    Retenons quelques précisions données à ce sujet daris le chapitre suivant de la brochure consacré à la formation des hommes.

                         "La première question à se poser est de savoir qui recevra cette formation. La réponse probable est sans doute : tout le monde, et il s'agit là d'une importante nouveauté si l'on note qu'en 1985, sur 100 Français âgés de 17 ans, près de 100 iront à l'école contre 28 en 1960 et probablement 42 en 1970". (p.39).

    A propos de la localisation de l'enseignement, nous relevons ce qui suit :

    ''Mais un aspect important de ce problème des lieux d’éducation et aussi de mobilité est celui du pays où les Français recevront leur formation. Tout porte à penser en effet qu'à l'échelon de vingt ans cette formation sera européenne, comme le seront déjà les échanges et probablement les économies". (p. 43)

    Constatons simplement que ; par ce biais, un coup très sérieux est porté à la culture française.

    Tout au long des pages consacrées à l'homme de 1985 et à sa formation, le lecteur se trouve en présence d'une orientation matérialiste, collectiviste, et finit par déboucher sur une éducation apatride. Il n'y a plus de famille et il n'y a plus de Français.

     

    "…La cité est ce que la font les familles et les hommes dont elle est formée, comme le corps est formé des membres" (Pie XI, 31-12-1930). L'État devrait donc, en vertu même, pour ainsi dire, de l'instinct de conservation, remplir ce qui, essentiellement et selon le plan de Dieu, Créateur et Sauveur, est son premier devoir, c'est-à-dire : garantir absolument les valeurs qui assurent à la famille l'ordre, la dignité humaine, la santé, le bonheur. Ces valeurs-là, qui sont des éléments même du bien commun, il n'est jamais permis de les sacrifier à ce qui pourrait être apparemment un bien commun".

    (Pie XII, aux pères de famille français, 18 Septembre 1951)

     


    III CADRE DE VIE

    Une urbanisation intense est prévue et préparée.
    « Participation de 80 % de la population Française en 1980 à un genre de vie urbain". (p. 57)

    Le inondé urbain croitra jusqu’à former les quatre cinquième de la population ; petites ou grandes, les villes de France vont, en moyenne, presque doubler de population d'ici 1985 ». (p. 71)

    Les conséquences d'une telle politique sont froidement envisagées :

    « II est donc inévitable qu'à côté de régions où les conditions de vie et de peuplement seront analogues à ce qu'elles sont en Allemagne, en Belgique, en Italie ou en Grande-Bretagne, qu’il y ait des déserts en France, et le clivage ne pourra que s'accentuer entre ces deux types de zones". (p. 74) 

    Les Français auront du moins la consolation de disposer d'un certain choix.

    "Pour que des populations migrantes aient plusieurs pôles d'attrait entre lesquels choisir, il faudra donc, d'ici 1985, organiser des ensembles urbains d'une dimension suffisante pour offrir des facilités de même ordre qu'à Paris dans tous les domaines". (p. 74)

    Ainsi un véritable transfert d'une grande partie de la population française est prévu et préparé. Beaucoup de citoyens n'y pensent pas encore, mais, dans, des délais relativement courts ils devront quitter leur terroir, se déraciner et se transformer en "migrants". On consent, du moins, à les laisser choisir le lieu de leur parquage, Mais quels que soient les lieux, ils seront entassés dans les mêmes immenses cages à. Lapin, en béton, baptisés "grands ensembles". Des spécialistes ont déjà signalé leurs méfaits déplorables sur la santé physique, psychique et morale de leurs habitants. Qu'importe ! On continue.

    Il faudra bien que les Français rejoignent, d'une manière ou d'une autre, ces camps de concentration nouveau stylet !

    Dans certaines villes, les habitants de quartiers anciens n'ont pas à se considérer pour autant comme des privilégiés. Ils ne sont pas chez eux et on le leur dit sans ambages.

    ‘‘Il existe des qua.rti.ers auxquels leur valeur historique ou leur situation privilégiée donne une valeur particulière, pour toute l'agglomération, voire pour toute la nation. Le problème de le leur restauration ou de leur rénovation va se poser avec une ampleur nouvelle : il doit être entendu que ces quartiers n'appartiennent pas à leurs habitants actuels". (p. 76)

    Disons aussi sans ambages que tout ce plan de parquage urbain des quatre cinquièmes de la population Française est véritablement monstrueux. Il n'apparait pas d'une nécessité inéluctable. Mais ainsi l'a fixé le libre choix de quelques hommes. Et ce n'est pas une plaisanterie. La réalisation de ce plan est déjà commencée. Le temps presse. Le but doit être atteint dans douze ans. C'est décidé.

     

    LOISIRS

    La mainmise de l'état sur les loisirs est prévue. En 1985, les Français pourront se distraire. Mais ils le feront d'une mémère conforme aux règlements de l'Administration.

    "On peut se demander si en 1985 l'État considèrera que c'est à lui qu'il appartient de vendre des téléphones aux Français, et s'il continuera d'abandonner au marché la satisfaction des besoins en loisirs". (p.61)

    La question, bien entendu, est de pure forme. La réponse est inscrite vingt pages plus loin.

    "Il existe aujourd'hui 2 000 animateurs culturels, contre 6 000 professeurs d’éducation physique. Il en faudrait 50.000 en 1985". (p. 81)

    "Pratiquement, la civilisation des loisirs qui se dessinera en 1985 doit être préparée dès maintenant :
    - à l'instar du Conseil Économique, un Conseil Culturel pourrait-être institué, afin d'être le lieu des débats et des propositions en matière de loisirs et de culture ;

    - les responsables de chaque type d'équipement, autoroutes, universités, etc. doivent· envisager la portée possible des ouvrages projetés dans l'optique d'un loisir accru en quantité et à améliorer en qualité ;

    - les responsables de chaque aménagement urbain ou régional doivent prévoir les "espaces de loisir" beaucoup plus grands qu'il n'apparait justifié aujourd’hui ;

    - des structures-pilotes de formation et de prise en charge des animateurs doivent être mises en place". (p. 82)

    Voilà donc l'État qui devient le grand patron des loisirs. C'est lui qui fixera les lieux et qui encadrera le repos des citoyens. Selon ses vues à lui ; on peut lui faire confiance là-dessus. Le découpage des loisirs est déjà. prévu. On nous énumère les ''activités de loisirs" : Activités physiques, manuelles, artistiques, intellectuelles, spirituelles, gratuites. (p. 79-80)  

    La religion, enfin, apparait. Grâce au biais des loisirs. On y a songé et voici ce qu'on en pense :

     

    "Activités spirituelles - dont il n'y a pas lieu de penser que le désir aura disparu chez tous les hommes, et dont l'épanouissement est aidé par la présence de quelques hauts lieux privilégiés". (p. 80)

    Pour les catholiques, on le voit, les perspectives sont plutôt funèbres. On tolèrera que, à titre de loisirs et de folklore, les derniers survivants attardés d'une époque révolue ne soient pas complètement écrasés. Ces phénomènes mériteront quelques égards. Ceux qui auront résisté à une éducation totalitaire et matérialiste, ceux qui auront dominé l'ambiance déshumanisante des monstrueuses métropoles industrielles et urbaines, auront droit à la jouissance de quelques anciens sanctuaires de leur religion, dénommés "haut-lieux", pour la circonstance.

    "La religion, au musée ! " a-t-on dit ; Nous y voilà.

     

    " La Religion et la moralité sont les fondements indispensables de la prospérité politique et la moralité ne peut se maintenir sans la Religion".

    (Pie XII, 18 Janvier 1947)

     

     


    IV – MOBILITÉS

    "La notion de mobilité s'applique aux hommes, aux objets, aux capitaux, aux techniques, aux équipements, aux structures (politiques, sociales, économiques, juridiques…)", (p. 96)

    "Où en serons-nous en 1985 ? Il faudra certainement posséder à cette époque des capacités d'adaptation suffisantes sous peine de disparaitre. La mobilité sera une qualité essentielle dans bien des domaines". (p. 96)

    Ces affirmations sont péremptoires. Inutile de les critiquer ou de les mettre en doute. On nous expose dictatorialement leurs conséquences.

    "L'attachement au terroir est un sentiment respectable, mais il freine considérablement les changements de domicile". (p. 97)

    Évidemment, c'est très fâcheux. Aucune importance. Il sera sacrifié. Ce qui compte d'abord : la mobilité. Et les conséquences n'en sont pas minces ; 

    'Il ne faut pas oublier que le problème de la mobilité dans l'espace des Français ne cessera de se poser dans un cadre toujours plus large compte tenu de l'entrée de la France dans une économie européenne intégrée et compte tenu de l'accroissement du revenu moyen". (p. 97)

    Autrement dit, voilà les Français transformés en mobiles que l'on manœuvrera aux quatre coins de l'Europe selon les besoins d'une économie intégrée.

    Et si l'on ne les fait pas circuler comme des pions sans âme et sans attachement à leur terroir, on les transformera sur place en mobiles, ·par des changements dans leur activité.

    Une longue page est consacrée à l'étude de ce problème, ''Aptitude au changement d'activité". (p. 98)

    Relevons seulement deux paragraphes.

    "L'homme de 1985 devra être formé en vue d'une mobilité professionnelle accrue. Le changement de métier ne devra plus être considéré comme un accident mais comme une étape normale de la vie humaine, La formation de l'homme devra donc être orientée vers la capacité d'adaptation plus que vers l'accumulation d'une masse de connaissances qui deviendra vite périmée".

    "Il existera en France un certain nombre d'aires métropolitaines à l'intérieur desquelles il sera possible, compte tenu de la dimension du marché de l'emploi, de changer d'employeur, voire de métier, sans changer de domicile. L'organisation de ces agglomérations où industries et services offriront une gamme d'emplois variés est primordiale. La mobilité professionnelle et la mobilité géographique des travailleurs sont liées chaque fois que le changement de métier exige un déplacement du domicile. Le problème se complique lorsque dans un ménage les deux conjoints travaillent".

    Bref, les Français doivent s'attendre à être transformés en individus apatrides que l'on déplacera, bon gré, mal gré, que l'on façonnera et refaçonnera. Plus d'attachement au terroir, à la patrie, au métier, à la profession. Plus d'attachement à rien. Ce seront des mécaniques et des robots que l'on fera fonctionner administrativement, que l'on transformera et modifiera selon les besoins. Il est vrai que pour recouvrir ces affreuses réalités, ces messieurs du plan ont un langage fort suave : En 1985, 1es Français seront "mobiles".

    Télécharger « l'asservissement planifié-Première Partie.pdf »

     



    [1] Lire à ce sujet "Technique des groupes et technique subversive en milieu catholique" (à nos bureaux - prix : 2 Fr. - )

    « Mens agitat molemAsservissement planifié - Deuxième Partie »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :