• Introduction au Monde des Morts Vivants

     

    (Enfers, extrait d'une gravure, "La divine comédie" de Dante Alighieri)

     

    Le Monde des Morts métaphysiquement Vivants assimilé au royaume des Enfers chez les Grecs, le Shéol hébraïque, l'au-delà de Akkadiens, sont très semblables à celui des mésopotamiens, des Sumériens, seuls changements notables : Perséphone et Hadès remplacent Ereshkigal et Nergal, les Champs Élysées grecs (avant gout du Paradis ?) remplacent le palais Ganzer, et le Cerbère remplace le terrible Anzû.

    Cette vision des Enfers n'est pas partagée par les Barbares, en particulier les Celtes (1), ni par les peuples d'Asie, d'Afrique, des Amériques et d'Océanie.

     

    Les Enfers des sumériens et les civilisations qui en dérivent

     

    Le plus ancien nom des Enfers, le lieu de résidence des humains après la Mort physique semble être « Kur », terme courant en sumérien ancien, au 3ème millénaire, désignant la « Montagne », comme le dieu du même nom !

    Au 2ème millénaire, la « Montagne » a progressivement laissé la place à la notion de l'« En-bas ». Les Enfers Mésopotamiens sont sombres, silencieux, humides, froids (2) et sinistres : pas de joie, aucun plaisir ni affection. Les Hommes seraient dans une sorte de stase, ce serait comme le Purgatoire, une zone de rétention et d’attente pour les âmes, coupés de Dieu et de toute vie humaine Terrestre.

    11 Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère, n’ai-je pas expiré au sortir de son ventre ?

    12 Pourquoi s’est-il trouvé deux genoux pour me recevoir, deux seins pour m’allaiter ?

    13 Maintenant je serais étendu, au calme, je dormirais d’un sommeil reposant,

    14 avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des mausolées,

    15 ou avec les princes qui ont de l’or et remplissent d’argent leurs demeures.

    16 Ou bien, comme l’avorton que l’on dissimule, je n’aurais pas connu l’existence, comme les petits qui n’ont pas vu le jour.

    17 Là, au séjour des morts, prend fin l’agitation des méchants, là reposent ceux qui sont exténués.

    18 De même, les prisonniers sont en paix, ils n’entendent plus les cris du gardien

    19 Petits et grands, là, sont égaux, et l’esclave est affranchi de son maître.»

     (Job 3)

     

    09 Savoure la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de cette vie de vanité qui t’est donnée sous le soleil, tous ces jours de vanité… Voilà ton lot dans la vie et dans la peine que tu prends sous le soleil.

    10 Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le avec la force dont tu disposes, car il n’y a ni travaux, ni projets, ni science, ni sagesse au séjour des morts où tu vas.

    (Ecclésiaste 9)

     

    01 Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ;

    02 avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ;

    03 au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ; où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ;

    04 quand la porte se ferme sur la rue, quand s’éteint la voix de la meule, quand s’arrête le chant de l’oiseau, et quand se taisent les chansons ;

    05 lorsqu’on redoute la montée et qu’on a des frayeurs en chemin ; l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit, et la câpre ne produit aucun effet ; lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;

    06 avant que le fil d’argent se détache, que la lampe d’or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ;

    07 et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.

    08 Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité !

    (Ecclésiaste 12)

     

    09 Et quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté.

    10 Ils crièrent d’une voix forte : « Jusques à quand, Maître saint et vrai, resteras-tu sans juger, sans venger notre sang sur les habitants de la terre ? »

    (Apocalypse 6)

     

    La « Porte » du monde d'« En-bas » s’appelle le « Ganzer », c’est un palais ayant 7 portes  dont le portier est « Anzû » un monstre quatre mains et quatre pieds avec une tête d’oiseau, surnommé le « verrou du Ganzer ». Une fois la « Porte » franchie, les Hommes ne peuvent plus en sortir, seuls les dieux peuvent le faire. Cependant, il y a des exceptions remarquables : Hénoch et Élie « enlevés vivants au ciel », et non aux Enfers.

    L’« En-bas » est dirigé par les dieux des morts. Les dieux Nergal et Ereshkigal, qui sont autorisés à effectuer les trajets entre Ciel et Enfers, empruntent un passage, une échelle, entre les deux mondes.

    Enfin, un fleuve, le « Hubur », coule devant la « Grande Porte du soleil couchant ».

     

    Pour les vivants qui désireraient rejoindre le palais du Ganzer, ils doivent franchir à pieds un désert torride, y affronter la faim et la soif, lutter contre des fauves (sortes de démons) et des fantômes (quels fantômes puisque les morts sont dans le monde d’«En-Bas »). Une fois devant la « Grande Porte du soleil couchant », il faut encore franchir le fleuve Hubur.

    Selon certains écrits, les "esprits des morts" (Etemmu) peuvent s'introduire dans leurs victimes par les oreilles et provoquent toutes sortes de troubles : maladies mentales, malheurs à répétition causée par la possession du malheureux vivant. Les morts cherchent à rester au contact des vivants, par tous les moyens, surtout ceux qui ne sont pas de préparation métaphysique : Voici donc ces entités qui perturberaient les Humains ?  Sans oublier ceux dont parle la tablette ici !

    Dans les Enfers Mésopotamiens, il existe aussi d'autres êtres démoniaques : les sept « Utukku », des descendants du dieu Anu, ils secondent le dieu Nergal dans ses œuvres. Et, les 7 démons « Gallu », qui accompagnèrent Inanna lors de sa remontée du monde d'« En-bas ».

     

     

    L’enfer : concept récent ?


    L’enfer, la Géhenne (3), c'est autre chose, ce n'est pas un concept sumérien, c'est une vie d'extrêmes souffrances et de misère, ce qui n’est pas le cas aux Enfers. L’enfer pourrait bien être sur Terre, car c'est un lieu de souffrances, un lieu où les holocaustes sont permanents, comme fut un temps dans la vallée des bûchers sacrificiels, le Tofeth.

    06 C’est pourquoi, voici venir des jours – oracle du Seigneur – où l’on n’appellera plus ce lieu « le Tofeth » ni « le Val-de-la-Géhenne », mais « le Val-du-Massacre ».

    (Jérémie 19)

     

    Le "Symbole des Apôtres" nous dit que c'est au Shéol, de fait aux Enfers et non en enfer, que Jésus descendit. Le Christ n'a pas visité les damnés, mais est allé chercher tous les morts des époques le précédant pour les mener au "jugement" : début de l’Espérance pour les Hommes de bonne volonté.

    52 Les tombeaux s’ouvrirent ; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,

    53 et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la Ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens.

    (Matthieu 6)

     

    01 En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre.

    02 Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles.

    03 Ceux qui ont l’intelligence resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais.

    (Daniel 12)

     

     

    Chantage du mort égyptien


    En Égypte, au contraire, un défunt n'est jamais un mort. Il a passé, comme le soleil la nuit, à une autre forme d’existence, un changement de rapport entre l'être physique et la spiritualité. Le Ka, cette part impérissable de la nature humaine, survit — parcelle inaltérable de l'Esprit du Monde — à l'épreuve de la mort.

    Le défunt, « verdoyant comme une plante vivante », poursuit, dans le tombeau, une existence chargée de mystérieuses métamorphoses, dont le déroulement ne lui enlève jamais la possibilité de « faire ce qu'il avait l'habitude de faire auparavant ». Et malheur alors à ceux qui, hypocritement, lui souhaitent le repos éternel, en délaissant sa tombe !

    Malheur, proclament les textes des Pyramides, à ceux qui subissent « la colère des morts » ! Voici le défunt revenu dans son ancienne famille dont l'égoïsme le met en courroux. Il pourrait, s'il le voulait, saisir l'un de ces survivants insouciants, et lui tordre le cou, ou faire surgir devant lui quelque serpent fatal.

    Cette colère des morts était également connue en Mésopotamie.

     

    Les choix et les mérites en Asie

    Pour les habitants d'Asie, le plan cosmologique est axé verticalement sur le mont Meru. Le transmigrant peut aller du plus bas : l'enfer, au plus haut : le paradis de Maitreya. Le schéma de ce voyage (5), qui est peut-être sans retour corporel, s'inscrit donc dans une ligne verticale : avec un peu de bonne volonté post-mortem tout le monde va au paradis.

    Tout autre est le schéma de ce voyage qu'on peut tracer d'après le Livre des morts tibétain : il forme un cercle fermé, comparable à la Roue de la Vie, dont la seule issue est à terme le Nirvana : Quoiqu'il arrive vous irez, in fine, au paradis.

    Dans les deux cas, dans l’au-delà, le mort est guidé post-mortem par les rites, les litanies, les invocations de l’officiant. Ceci nous montre le mélange de deux notions couplées : le Jugement des morts par un dieu et l'automatisme du karma.

    Ici, le mort peut échapper au Jugement, comme à l'automatisme de la réincarnation, grâce au poids de sa pensée. C'est après qu'il a évité ou qu'il est sorti des mauvaises directions et qu'il est parvenu soit au sommet du Meru, qu'il est devenu un homme-dieu, qu’Indra intervient pour les hindouistes, ou alors, pour les bouddhistes, il est renvoyé sur Terre pour une nouvelle existence.

     

    Chamanisme en Europe, Afrique, Océanie, et Amérique

    Dans les sociétés, très diverses, régies par le chamanisme, les rites funéraires traditionnels pratiqués par les chamans, sorciers, hommes-médecine, etc. se déroulent presque toujours en deux étapes qui correspondent d'une part aux rites d'enterrement, au cours desquels le mort se détache des vivants pour rejoindre le Monde des Esprits, il est vivant au-delà du miroir, et d'autre part aux funérailles qui ont lieu quelque temps après et grâce auxquelles le "toujours vivant dans l'autre Monde", dépouillé des propriétés humaines physiques, accède au statut d'ancêtre régulièrement vénéré ou à celui d'esprit occasionnellement invoqué.

    L'ancêtre n'est pas réduit au silence, il parle quand on l’interroge. Le Chaman sert d'intermédiaire, c'est lui qui négocies avec les entités et les "toujours vivant dans l'autre Monde". 

    Il est souvent question pour les vivants de faire des offrandes, de nourritures ou autres, aux défunts (comme chez certains bouddhistes).

    Une vidéos contant l'histoire du chaman Credo Mutwa (voir ICI) nous donne des éléments très intéressant sur la vie métaphysique en Afrique. Étrangement, ces éléments sont en plein accord avec les dossiers OVNIS, les polymorphes de l'inframonde, les Gris, etc.

     

    Les Vivants

    Tous les rites et traditions considèrent qu'il y a une Vie après la Mort physique. Il en ressort donc, qu'il y a deux types de Morts.

    - La mort physique : l'âme du défunt ne quitte pas la Terre, et si l'individu n'est pas préparé à cette vie désincarnée, il est en souffrance et devient une proie facile.  Le Monde des morts est une réplique du Monde des Vivants où les défunts vivent à l’abri dans les Mausolées, les Palais, les Cairns, les sous-terrains, etc. construits pour eux. Ils restent près de chez eux, entourés des leurs, ce qui les rend plus forts pour affronter le monde Métaphysique peuplé de créatures prédatrices. Mais est-ce suffisant ?

    - La Vie ou la mort métaphysique : On peut aussi ne par mourir physiquement, on peut gagner l'immortalité de notre vivant. Le Christ est venu nous le dire et nous le montrer, la Vie physique terrestre peut être éternelle, paradisiaque.

    Car, le Paradis est incarné par nature (cf Genèse), l'Homme physique est créé à l'Image du Christ incarné, l'Homme est au sommet de la Création, car l'Homme manifeste la double Nature Physique et Métaphysique.

    Le Christ c'est l’Éthique, c'est à dire la Vie, mais aussi la Vérité et la Voie. Et, seul ceux qui sont préparés ne subiront pas la mort métaphysique, la Seconde Mort (4), définitive celle-ci...

     

     Massalis

     

     


     

    (1) - "le point essentiel de l'enseignement des druides, c'est que les âmes ne périssent pas, mais qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre; ils pensent que cette croyance est le meilleur stimulant du courage, parce qu'on n'a plus peur de la mort" (César VI, § 14).

    L'immortalité de l'âme des Gaulois est nettement affirmée, ce qui explique leur indifférence face à la mort, notamment au combat. (Ceci est confirmé par d'autres auteurs comme Diodore de Sicile)

    L'Enfer Froid des Celto-Bretons, sur l'ossuaire de La Martyre (29) on trouve une inscription en breton, datée de 1619, que l'on peut traduire par : "la mort, le jugement, l'enfer froid, quand l'homme y pense, il doit trembler. Fou est celui dont l'esprit ne médite, sachant qu'il faut trépasser."

    (2) - Chez Dante l'endroit le plus terrible est le lieu où se trouve Lucifer, Roi des Enfers, qui produit un vent glacial autour de lui. (Chant 34 9ème cercle)

    46. Sous chacune sortaient comme deux grandes ailes
    Qui convenaient fort bien à un pareil oiseau :
    Je n'en ai jamais vu de telles sur la mer.

    49. Sans plumes, comme celles des chauves-souris,
    Elles battaient dans l'air, et d'elles forcément
    Provenaient les trois vents que l'on sentait ici,

    52. Et sous l'effet desquels le Cocyte gelait.
    De ses six yeux en pleurs, et de ses trois mentons
    De la bave sanglante et des larmes gouttaient.

     

    (3) - L'enfer n'est pas un concept hébreux, il peut être utilisé pour rendre compte de ce qu'est la souffrance dans la Géhenne (Guehinnom « vallée de Hinnon », Jahannam en arabe) qui n'est pas un lieu souterrain inaccessible aux vivants, c'était la vallée de Hinnom ou de Ben Hinnom (Gue Hinnom) située à Jérusalem (Josué 15:8, 18:16 ; 2 Rois 23:10 ; Jérémie 7:31 ; Néhémie 11:30).
    Voir article : Sacrifices aux dieux

     

    (4) La seconde mort :

    09 Je sais ta détresse et ta pauvreté ; pourtant tu es riche ! Je connais les propos blasphématoires de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas : ils sont une synagogue de Satan.

    10 Sois sans aucune crainte pour ce que tu vas souffrir. Voici que le diable va jeter en prison certains des vôtres pour vous mettre à l’épreuve, et vous serez dans la détresse pendant dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de la vie.

    11 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises. Le vainqueur ne pourra être atteint par la seconde mort.

    (Apocalypse 2)

     

    06 Puis il me dit : « C’est fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement.

    07 Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son Dieu, et lui sera mon fils.

    08 Quant aux lâches, perfides, êtres abominables, meurtriers, débauchés, sorciers, idolâtres et tous les menteurs, la part qui leur revient, c’est l’étang embrasé de feu et de soufre, qui est la seconde mort. »

    (Apocalypse 21)

     

     

     

    (5) L'importance de la vache, animal psychopompe en Inde : « c'est seulement en tenant la queue d'une vache que le mourant peut espérer traverser l'horrible rivière de sang et d'immondices appelée vaitaranî, qui coule au Sud entre la terre et le domaine de Yama où toute âme doit aller après la mort». 

    (Abbé Dubois)

     

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