• Les Morts parlent aux vivants

    Pierres d'autel étrangement disposées en pavement, dans une cheminée !

     

    Sentiments partagés

    L'abondance témoignages, la multiplicité et l'importance des moyens mis en œuvre par des sociétés de part le monde, y compris aux temps anciens, pour traiter la mort selon des rites particuliers, parfois similaires, doit nous interpeller.

    Ce qui ressort dans plupart des descriptions, c’est ce mélange de crainte et d'attirance, comme ces fascinantes conceptions mexicaines de la mort.

    Tout le monde est d'accord pour dire que les rites doivent apaiser les morts et définitivement les couper des vivants.

     

    Rites et rituels autour du mort

    Nous retrouvons partout les offrandes, les sacrifices (rarement sanglants) et les commémorations.

    Les morts sont dangereux pour les vivants, ils apportent plus ou moins de malheur ou prospérité, mais, jusqu’à présent, la vie ici-bas n’a pas d’autre issue que celle-là.

    Le contact avec les morts est le plus souvent à sens unique, à double sens par le biais des pratiques chamaniques et occultistes (nécromancievoyance, spiritisme et leurs dérivés).

    Ce "contact", cette transmissions, se fait aussi pour la plupart des gens par l’intermédiaire de plantes aromatiques (fumigations), par l'eau, le feu, les fleurs, les lamentations et les prières rituelles, ainsi que par la gestion, parfois la théâtralisation du temps de deuil et de la séparation.

    Le traitement particulier du corps du défunt est lié aux traditions locales comme l’exposition, l’inhumation ou la crémation, ce sont des jalons sur le chemin du défunt vers l'au-delà et indispensable pour les familles afin qu'elles puissent faire leur deuil. Les rites vont des plus simples aux plus extravagants, comme la Danse macabre chez les Sénoufo ou le repas chez les Nyangatom d’Éthiopie, etc.

    Des traditions nous disent que le plus grand malheur serait que le mort erre indéfiniment dans un «entre-deux mondes», au lieu d’accéder à l’Au-delà, ou l’Anéantissement chez les anciens Mexicains, ou encore Nirvana bouddhique (extinction de la mort), l’accès au statut d’Ancêtre en pays chamaniques, l’admission (ou pas) au Jardin des délices islamiques, etc.

    Pour les chrétiens, notamment les Catholiques, c’est un peu particulier, ils iront soit en enfer (1), Soit au Purgatoire (2), soit au Paradis (3), mais il faudra être patient, ce sera seulement après le Jugement Dernier : entre temps ils sont mis en attente, en « dormitions », sous les Autels de Dieu (Patristique et Apocalypse 6:9-11).

     

    Relation avec les morts

    Dans certaines cultures, il est possible de communiquer avec les morts, voire d’échanger avec eux. Les morts peuvent nous aider en intercédant pour nous auprès du dieu tutélaire, ou nous donner des conseils personnels, ou politiques, comme l’exceptionnel "Tromba" malgache (voir note (4) de bas de page).

    Nous rencontrons cela dans le culte des Saints, qui, in fine, est du spiritisme, de la nécromancie, un culte des morts presque comme les autres, mais moins abouti que chez le Tromba Malgache.

     

    Les Reliques

    Peu de gens savent que dans une église, l’autel principal contient, la plupart du temps, une ou plusieurs reliques, c'est à dire le squelette d'un saint (martyrs ou pas), ou un de ses os ou un fragment d'os. Cette pratique « trouverait ses origines dans les Saintes Écritures » … Je n’ai rien trouvé à ce sujet, Jésus Christ n'en parle pas, au contraire, reste l’histoire de la Pierre de Béthel dont j’ai parlé dans un article précédent : Rumphaé !

    Les reliques, parfois de quelques millimètres seulement, sont enchâssées dans une des pierres de l’autel, ou dans une pierre carré visible sur le dessus de l’autel (voir photos), juste devant le Tabernacle. Parfois l’église possède également un reliquaire.

    « Il est opportun de garder l’usage de déposer sous l’autel à dédicacer des reliques de saints, même non martyrs. On veillera cependant à vérifier l’authenticité de ces reliques. »

    (Missel romain n°302)

     

    Pierre d'autel insérée dans l'autel en boisPierre d'autel insérée dans l'autel en pierre

    Photos prises dans des chapelles de Bretagne...

     

    Les premiers chrétiens, lors des persécutions, avaient pour habitude de célébrer des messes dans les catacombes. Assez logiquement, en apparence, un décret du pape Félix Ier (vers 270) officialise cette pratique et ordonne de célébrer la messe sur le tombeau des martyrs. C'est peut-être pour cela que l'on voit beaucoup plus de Christ sur une Croix que de Christ en Gloire ?

    Christ pantocrator - Christ en gloire - Vezelay

    Plus tard, leurs restes furent transférés sous les autels que l’on érigeaient, puis disséminés par petits morceaux dans toutes les églises, sur toute la planète.

    Textes de justification :

    « Je vis sous l’autel (de Dieu) les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté. »
    (Ap 6,9)

    « Le dépôt des reliques des martyrs dans l’autel […] renferme une signification profonde. Ceux qui ont versé glorieusement leur sang pour Jésus Christ doivent reposer au pied de l’autel sur lequel est offert le sacrifice eucharistique. C’est là en effet qu’ils ont puisé la force de subir le martyre. La présence des reliques des saints martyrs dans ou sous l’autel rappelle leur union intime avec l’Agneau de Dieu, telle qu’elle se montra dans les tourments endurés par eux, telle qu’elle existe dans le ciel. »
    (Nicolas Gihr)

    Est-ce vraiment ce que Jésus Christ aurait montré, aurait fait, ou aurait dit de faire ?

    J'ai comme un doute !

    L'esprit du "Saint" associé à sa relique, donc à la pierre qui la contient, protégerait le lieu ! Ceci est la survivance d'anciens rites, superstitieux et occultes, pratiqués dans les temples dédiés aux dieux païens (5).

     

    Voici quelques photos prises, en juillet 2016,

    au 1er étage de la "maison musée" de Max JACOB, à Quimper

    Pierre de Béthel posées au fond d'une cheminée

     Certaines "Pierres d'autel", pierre de "Béthel" auraient encore leur relique scellée, d'autres pas !
    Je me demande ce qu'elles font là ?
    (Ici nous voyons le dessous des pierres, car elles sont posées à l'envers)

     

    Tableau au fond de la cheminée

    Le tableau est signifiant !

     

    Faut-il faire du Vaudou ?

    Comme dit dans un autre article, certaines entités aiment à se faire passer pour des morts, et il se trouve des gens pour jouer avec elles, ou plutôt être abusées par elles.

    Les relations avec les morts sont délicates pour ceux qui les aiment toujours. Tout dépend de ce qu'ils ont fait de leur vie, une fois trépassé nous ne pouvons plus grand chose pour eux, et c'est parfois dramatique !

    21 Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »

    22 Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »

    23 Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent.

    (Matthieu 8)

     

    Il faudrait davantage s'occuper des "vivants" que des morts. Certains sont comme morts de leur vivant, ils ne s’appartiennent plus, ils appartiennent déjà à l'Autre Monde, pour ne pas dire au Prince de ce Monde, c'est de ceux-là que parle Jésus.

    La Bonne Nouvelle étant que ... dans certains cas ... c'est réversible ... la prise de conscience est toujours possible.

     

     Massalis

     

     


     

    (1) - L'enfer c'est Mourir en péché mortel sans s’en être repenti et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu, signifie demeurer séparé de Lui pour toujours par notre propre choix libre. Et c’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot "enfer". (Catéchisme de l’église catholique)

     

    (2) - Le Purgatoire est réservé à ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel. Il souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. Ce qui est différent du châtiment des damnés. (Catéchisme de l’église catholique)

     

    (3) - Le Paradis est réservé au sont rassemblées autour de Jésus et de Marie et forme ainsi l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude les âmes bienheureuses voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle ". (Catéchisme de l’église catholique)

     

    (4) - Tromba malgache

    Le Tromba est une manifestation de possession institutionnalisée très répandue dans le nord-ouest malgache et aux Comores Le Tromba joue un rôle important dans l'organisation politique et religieuse : sakalava.

    Ce terme "Tromba" désigne à la fois, et pour cette raison peut prêter à confusion :

    • l'esprit d'un ampanjaka (prince) défunt ;
    • l'état de possession de la personne hantée par cet esprit ;
    • le possédé lui-même (parfois reconnu comme saha).


    Mais aussi l'ensemble de la manifestation dans la mesure où elle comporte des conduites collectives régulières. La « fonction manifeste » du Tromba est de soutenir l'appareil politique sakalava et l'autorité temporelle des princes qui, même morts, peuvent continuer à peser sur les destinées de la société. De plus, le Tromba assume une « fonction latente », tout aussi importante, de contrôle social et sert de moyen d'expression, non plus cette fois à des esprits, mais à la société.

    Le Tromba, esprit d'un prince défunt, s'exprime par l'intermédiaire d'une personne en état de transe. L'« entrée » de l'esprit suit d'ailleurs de peu cet état qui, en lui-même, ne constitue qu'une condition nécessaire. Le possédé « saisi » par l'esprit est dit Mianjaka.

    Il existe deux sortes de possédés, d'une part les possédés ordinaires, qui, au cours de séances provoquées, peuvent servir de moyen d'expression à un esprit (médium, chaman), d'autre part ceux appelés Saha ou Sahoa, qui, durant la transe, sont considérés comme de véritables substituts d'Ampanjaka disparus : même mort les princes continuent de donner des ordres (chez nous nous avons les Pontifex).

    L'état de possédé ne serait ni inné, ni normal, puisque la personne qui devient Tromba est « choisie » par un esprit, et que cet état n'apparaît qu'à l'occasion d'une maladie. Après cette première manifestation morbide, le Tromba devient pour l'intéressé un état permanent (il est interdit de toucher la tête du Tromba, désormais demeure de l'esprit).

    Les Tromba ordinaires peuvent avoir lieu en plein air, mais le plus souvent ils se déroulent à l'intérieur de cases dans lesquelles s'entasse une très nombreuse assistance. Plusieurs personnes peuvent être possédées en même temps par les esprits de plusieurs ampanjaka. Il s'agit la plupart du temps de séances de possessions provoquées (rites chamaniques). Les personnes hantées, revêtues d'un long vêtement blanc, boivent et dansent afin d'entrer en transes, tandis que des aides et toute l'assistance évoquent l'esprit de Yampanjaka pour qu'il pénètre dans le possédé.

    Possédés ordinaires et saha présentent de nombreux points communs, la principale différence tenant au rôle institutionnalisé des seconds. Au sens propre, le terme saha signifie « ruisseau en forêt » ou désigne le chenal qu'il a tracé sous les arbres et qui subsiste en saison sèche ; il signifie également « conduit » ou « canal » : ce qui n'est pas sans rapport avec les canalisations Aliens pseudo extraterrestres.

    Contrairement au simple possédé qui, pour atteindre l'état de transe, doit recourir à des techniques, le saha (le Contacté) est de manière permanente en mesure de jouer son rôle. Dès qu'il sent venir l'esprit, il se drape dans un vêtement rouge ou rouge et jaune (dalahana), couleurs des souverains sakalava. Le saha en transe, possédé par l'esprit, est entouré des égards dus à Yampanjaka : ses pieds ne doivent plus toucher le sol et il a droit à la formule de salutation « Koezi », réservée aux princes. Toutes les paroles qui expriment la volonté du défunt sont considérées comme des ordres, immédiatement exécutoires, si elles se rapportent aux coutumes et aux usages.

    « II y a quelques années (NDR - dans les années 50), une femme d'Analalava, d'une quarantaine d'années, a déclaré être possédée par l'esprit d'un ampanjaka, frère de Amada, actuel ampanjaka de Nosy Be. Des notables (maromatoe) d'Analalava décidèrent de se rendre avec elle au Mahabo de Manongarivo à Nosy Be et, à cette fin, s'embarquèrent sur deux boutres. Une grande foule les attendait à Andavakotoko (quartier d'Hell- ville à Nosy Be). \J ampanjaka Amada, peu convaincu, déclara à son entourage, en plaisantant, que si cette femme était un faux saha, il la tuerait d'un coup de fusil (itifiriko izikoa tsy mariny). Sur son ordre, comme les deux boutres apparaissaient au large de Nosy Be, des serviteurs du Mahabo mêlèrent les objets, armes, bijoux et effets personnels du défunt à ceux d'autres ampanjaka disparus. Les boutres abordèrent et la possédée fut conduite en chaise à porteurs (ambony rarangy) au Mahabo, où elle reconnut sans difficulté les biens du défunt. Elle fut ensuite portée chez Yampanjaka Amada et, dès qu'elle eut franchi le seuil, elle s'écria, à l'étonnement de toute l'assemblée : tifira ary zaho, « tue-moi donc ». »

    D’après :
    Ottino Paul. "Le tromba" (Madagascar). In: L'Homme, 1965, tome 5 n°1. pp. 84-93;
    doi : https://doi.org/10.3406/hom.1965.366689

    (Source)

     

     (5) - Ces déesses, habitaient des bétyles ou pierres de Béthel - la maison du dieu donc un  « Rumphae »  c'est à dire la "Résidence de l'Esprit ou du Génie, Talisman, Relique Symbolique ou Objet chargé énergétiquement". (source)

     

    (6) - Installation à la maison Max Jabob de Quimper... Mise en place d'un portail opératif, Pierres d'Autel (dont certaines ont encore leur relique enchâssée) posées dans la cheminée, là où l'on fait le feu, et, tableau très explicite en fond de cheminée.



    Max Jacob sur Wikipédia, extrait :

    "Seul face à ses démons, Max Jacob étudie, en bibliothèque le jour, veillant la nuit, les textes mystiques, le Zohar et quelques autres textes de la Kabbale, le bouddhisme, l'astrologie, l'occultisme. Toujours affamé, il ajoute à sa consommation d'éther, qu'il achète au litre, celle des tisanes de jusquiame, qui lui servent à invoquer les démons, mais ce qui lui arrive le 22 septembre 1909, à l'âge de trente-trois ans, est d'une toute autre nature.

    Alors qu'il rentre de la Bibliothèque nationale, l'image d'un ange lui apparaît sur le mur de sa chambre au 7 rue Ravignan :

    « [...] quand j'ai relevé la tête, il y avait quelqu'un sur le mur !
    Il y avait quelqu'un !
    Il y avait quelqu'un sur la tapisserie rouge.
    Ma chair est tombée par terre. J'ai été déshabillé par la foudre ! ».

    Il entoure l'apparition d'un cercle tracé sur le revêtement du mur. Élevé dans l'athéisme, mais sensible aux racines juives de sa famille, il se convertit intérieurement au catholicisme. Pendant deux années, il se plonge dans ce qui restera l'œuvre de sa vie, une exégèse occultiste de l'Évangile, de l'Ancien Testament et des Pères de l'Église, qui lui donne les clefs des visions qui continuent d'absorber son esprit. Il y cherche les réponses aux voix qui lui disent Na!, c'est-à-dire « secret » en hébreu.

    " https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Jacob

     

     

     

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