• Obéissance

    La Balance de la Justice

     

    « Donc il faut obéir » Guillaume de St Thierry (Ndt : cf le document précédent : Liberté)
    Esclave de la chair aveuglé par son véritable bien, l’homme doit commencer par pratiquer, dans la foi pure, ce qu'on appelle l’obéissance de nécessité.

    C'est-à-dire, l’obéissance où tout est abandonné aux mains de ceux auxquels le Christ a remis l’autorité dans son Église, qui est l’ensemble des baptisés et non une structure administrative, pour nous conduire dans la vérité. Par le fait même qu’il exercera cette foi, en pratiquant l’obéissance, le « fidèle » parviendra peu à peu à une croissante intelligence de la foi.

    Alors son obéissance de simplement passive, droite mais contrainte, deviendra un dévouement vraiment intériorisé ; il n’obéira plus sans comprendre, mais il obéira au contraire parce qu’il comprendra de mieux en mieux le sens de son obéissance. D’une simple obéissance de nécessité il sera passé à l’obéissance de charité. Cela ne veut pas dire qu’il obéira moins, cela veut dire qu’il obéira davantage. A ses supérieurs légitimes, il obéira mieux qu'avant parce qu'il obéira non seulement de toutes ses forces, mais de tout son cœur.

    Sans doute, en ce stade, il distinguera bien mieux qu'avant l’humanité personnelle de ceux qui sont placés au-dessus de lui. Par la suite, il éprouvera dans l’obéissance des difficultés qu’il n’éprouvait pas lorsqu’il obéissait sans réfléchir, étant encore incapable de réflexion.

    Dans la mesure même où il sera devenu capable de juger des choses de Dieu, non seulement ce sera son droit, mais son devoir d’informer ses supérieurs des aspects de la réalité qu’il croit avoir vu et qu’eux même étant hommes peuvent ne pas voir ou perdre de vue. Mais ayant tout fait et rien négligé pour cela, si les progrès du fidèle dans les voies de la foi, de l’obéissance, et donc de la véritable liberté, sont authentiques, il se rangera finalement sans murmurer à la décision prise par celui auquel la décision appartient.

    Il s’y rangera même s’il ne peut pas en voir actuellement le bien fondé. Il s’y rangera même s’il ne peut faire qu’elle ne lui paraisse pas positivement mauvaise, sauf toutefois si elle devait l’entrainer au péché, car le premier supérieur, pour le fidèle, c’est toujours la conscience, et, nulle autre voix ne peut dispenser de suivre celle-là. Mais la conscience elle-même, éclairée au niveau de ce que nous avons appelé l’obéissance de charité, pousse à obéir aux supérieurs injustes, s’il en est, comme aux justes tant qu’ils ne transgressent pas le domaine de leur propre autorité.

    C’est à ce niveau, ce n’est même plus seulement à nos supérieurs dans la foi, que nous sommes portés à obéir, mais jusqu’à tous nos frères en la foi. Le progrès dans Charité déracine en nous cette persuasion invétérée que notre jugement est par définition meilleur que les autres et par suite crée en nous une vraie disposition à l’humilité. C'est-à-dire d’accueil à toute vérité d’où qu’elle vienne.

    La tradition vraiment romaine, c’est autant la collégialité que la monarchie, l’autorité suprême ne prenant, en règle générale, et contrairement à ce qui se pratique aujourd'hui, jamais de décision qui n’ait été au préalable préparée et librement discutée en des conseils réunissant des compétences égales mais rarement d'emblée unanimes. 

    « Liberté – dépendanceLe Monde »

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