• Sacrifices aux dieux

    Par les flammes

     

    Pourquoi les "religions" sont-elles indissociablement liées au concept de sacrifice ?

    Tout simplement parce que le dieu, ou les dieux, le demandent.

     

    Dans le Rituel des sacrifices ou Lévitique de l’Ancien Testament, Dieu demande des holocaustes (1) au peuple d’Israël, par l’intermédiaire de Moïse, et il est inlassablement répété que l’holocauste “est d’une odeur agréable au Seigneur”. Et, le sacrifice est d’abord destruction et, par les flammes, combustion ou, peut-être, plus spécifiquement, “consumation”. Il n’y a pas de sacrifice sans souffrances, plus elles sont atroces meilleur est le sacrifice.

     

    Yahvé et les offrandes sacrificielles

    Le sacrifice consiste à renoncer à quelque chose de précieux pour obtenir, en général, quelque chose de plus précieux encore que seul le dieu peut accorder.

    Dans le sacrifice, l'offrant s'identifie à la victime et ainsi s'offre à la divinité, se purifie de ses fautes et obtient tous les bénéfices d'une consécration.

    Le sacrifice est donc expiatoire, conciliateur, parfois porteur de message (2), le plus souvent rédempteur. Il rachète les péchés (3). Il peut également être une preuve de sa foi, comme chez Abraham.

    L’objet du sacrifice doit être parfait pour ne pas offenser le dieu, de fait, on connait le sort des nouveau-nés ou des premiers-nés dans certains récits bibliques (4) :

    ”Vous n’offrirez aucune victime qui ait un défaut, car elle ne sera pas agréée”
    (Lév. 22, 20)

     

    Dans l’Ancien Testament, le Lévitique, comme les codes assyro-babyloniens, est le “Rituel des sacrifices” qui codifie tout le service du culte et il débute par le Rite des holocaustes, ce qui témoigne de l’importance du sacrifice par le feu chez les israélites (5).

     

    Si l’Ancien Testament nous parle à longueur de page de sacrifices et d’holocaustes, c'est toujours pour condamner et interdire, il me parait donc évident que ces pratiques étaient fréquentes, très enracinées dans ce peuple et les peuples environnants.

    “Celui qui offrira des sacrifices à d’autres dieux que le Seigneur, sera voué à l’interdit”
    (Ex. 22,10)

     

    “Quiconque sacrifiera un de ses enfants à Moloch (6) sera puni de mort”
    (Lév. 20, 1)

     

    "Jephté fit alors ce vœu au Seigneur (NDLR : Yahvé) : Si tu livres les fils d’Ammone entre mes mains, la première personne qui sortira de ma maison pour venir à ma rencontre quand je reviendrai victorieux appartiendra au Seigneur, et je l’offrirai en sacrifice d’holocauste."

     (Hélas pour lui, ce fut sa fille unique, malgré cela il a tenu sa promesse)
    (Jg 11, 30-31)

     

    « Ils ont édifié les lieux sacrés du Tofeth au Val-de-la-Géhenne pour consumer par le feu leurs fils et leurs filles… »
    (Jérémie 7, 31)

     

    Chacun a en mémoire Yahvé demandant à Abraham de lui sacrifier son fils, né de sa femme Sarah. Yahvé lui ordonne mener son enfant à Moriyya et de le lui offrir en holocauste au sommet de la montagne qui deviendra l’emplacement du Temple : qui a retenu le bras d’Abraham ? A mon avis ce fut un Ange, pas le dieu de la Montagne, pas Yahvé.

     

    Nous voyons que, chez les israélites (et bien d'autres (7)), les sacrifices sanglants, les bûchers sacrificiels, étaient très courant, depuis la sortie d’Égypte au XIIIème, et probablement avant, jusqu’au VIIème siècle avant J.C., époque à laquelle le Roi Josias de Judée interdit ces pratiques :

    "afin que nul ne fit plus passer son fils ou sa fille par le feu en l’honneur de Moloch.”


    "Il immola sur les autels tous les prêtres de hauts lieux qui se trouvaient là » et « fit aussi disparaître les nécromanciens, les devins… "
    (2 Rois, 23, 10. 20. 24)

     

    Les sacrifices de substitution 

    A cette époque les sacrifices humains furent progressivement remplacés par des sacrifices d’animaux, il était estimé qu’ils pouvaient souffrir et donc remplir toutes les conditions du sacrifice, l'agneau ne se substituait pas aux personnes qui dédient l’offrande à leur dieu, généralement un homme et/ou une femme, mais à l'enfant qu'ils s'étaient engagés à immoler.

    Dans la tradition punique, chez la phéniciens, les autres peuples de la région, et chez des peuple plus lointains (8), l'enfant est un Donatusou Concessus, dont Saturne (ou El) était en droit de réclamer :

    "la vie, et en échange duquel souffle pour souffle, sang pour sang, vie pour vie, il s'est contenté d'agréer un agneau à titre de substitut, agnum pro vikario".

     

    Le “bouc émissaire”

    Pendant un temps le “bouc émissaire” était chargé de tous leurs péchés et immolé en signe de repentir et de purification. Les moutons et oiseaux continuèrent d’être des sacrifices de substitution aux sacrifices humains. Les agneaux remplacèrent les enfants et les blanches brebis sont sacrifiées puis mangées. Les fêtes juive et musulmane (Aqédah Yitshaq et l’Aïd al-Kebir) sont toujours des fêtes de substitution : substitution d’humains par des animaux, quoique certains, de nos jours, continuent les sacrifices humains sous différentes formes.

     

    Moloch aujourd'hui

    Aujourd'hui

    Comment imaginer que Dieu, le Père, le Créateur de l'Homme, ordonnerait de sacrifier par le feu, ou par un autre moyen cruel, l'un de ses enfants ? D'ailleurs quel père, quel homme, ferait cela, sinon celui qui serait sous emprise démoniaque, luciférienne ?

    Idem pour les sacrifices d'animaux, la souffrance et mort sanglante du taureau dans l’arène, sous les acclamations de la foule, c'est un rite de sacrifice, savent-ils pour quel dieu meurt le taureau ? Probablement pas tout les acteurs ni tout les spectateurs !

    Et, pour finir, les guerres, génératrices de souffrances et de morts violentes, sanglantes, ne sont-elles pas également des offrandes sacrificielles ?

     

    Massalis

    D'après notamment les travaux de M. René Dussaud et Mme Françoise Biotti-Mache.

     

     


     

    (1 ) - Holocauste : du grec ecclésiastique “holokauston”, de “holos” entier et “kaiein” brûler la victime offerte vivante est entièrement consumée par le feu.

     

    (2) - Chez les Incas également, et bien des Amérindiens, les enfants auraient été sacrifiés parce-que purs messagers entre les hommes et les dieux, pourtant, avant de les brûler, il semble qu’ils étaient violés. Comme les enfants, les vierges étaient réputées sans tâche, devenant des candidates d’élection pour les sacrifices. Mais, si l’une d’elles fautait, c’était toute la famille qu’on sacrifiait, à titre compensatoire en quelque sorte, et les vierges du Soleil devaient demeurer chastes leur vie entière si elles n’étaient pas “élues” par l’Inca lui-même.

    Les prisonniers de guerre furent souvent réduits en esclavage, mais les esclaves, aussi, furent sacrifiés en grand nombre, leur nombre justement, remplaçant leur manque de qualité.

     

     

    (3) - Pour un chrétien, un disciple du Christ, le sacrifice ultime, le tout dernier, fut celui de Jésus-Christ, le Rédempteur de l'Humanité, le Sauveur de chaque Humains qui lui a été confié par le Père : de fait, il ne devrait plus y avoir de sacrifices ni de guerres sacrificielles.

    (Les Juifs de l’Ancien Testament ont mis fin aux rites sacrificiels sanglants lors de la destruction du Temple de Jérusalem : seul lieu habilité à offrir des sacrifices à Jéhovah).

     

     

     

    (4) - Chez les peuples sémitiques, Assyriens, Cananéens, Hébreux, Phéniciens, chez les Carthaginois, les Grecs et les Romains, et d'autres encore comme les égyptiens etc, on sacrifiait les fils des plus nobles familles pour les grandes fêtes annuelles de purification, lors des grandes calamités ou pour appeler la bénédiction des dieux au moment de la fondation d’une ville, d’une colonie ou avant une expédition vers l’inconnu.

    Les codes assyro-babyloniens aux confins du IIIème et du IIème millénaires avant notre ère, et le plus connu d’entre eux, le Code d’Hammurapi, la prescrivent en parallèle avec les peines par noyade ou par pendaison. Toutes les premières lois humaines, Avesta, Lois de Manu, législation de Dracon et de Solon, Loi des XII Tables, etc., ont ainsi connu la peine du feu, à mi-chemin entre bûcher sacrificiel et bûcher expiatoire, idem chez les Celtes...

     

    (5) - Le grand philosophe Maïmonide (c.1135-1204) s’attarde avec minutie sur chaque dimension, exprimée en coudées et palmes, de l’autel des sacrifices et du bûcher sacrificiel qui “était à 18 palmes de hauteur…Et avait un emplacement de 24 coudées et 4 palmes de largeur sur 24 coudées et 4 palmes”, dans les “Lois de la Maison d’Élection”, chapitre II des “Lois du Temple de Jérusalem”. Chaque sacrifice ou offrande porte un nom et est exactement décrit ainsi que la manière de l’accomplir.

     

    (6) - Voici ce que écrit M. René Dussaud propos de Moloch : .../... "Mais nous anticipons sur une importante démonstration de M. Eissfeldt qui, partant de la lumineuse explication de M. Garcopino, a retrouvé le vocable molk dans l'Ancien Testament et, du même coup, supprimé de la liste des dieux le fameux et redoutable Moloch. Car le savant hébraïsant a montré que le terme qu'il ne faut vocaliser ni moloch avec les LXX, ni molek avec les massorètes, mais molk, n'est pas le nom d'un dieu ; c'est un mot technique caractérisant les sacrifices d'enfants. A vrai dire l'existence d'un dieu Moloch était mal établie, car ΓΑ. T. n'en fait mention qu'à propos des sacrifices d'enfants. Dans la vallée de Ben Hinnom, au sud de Jérusalem, sur le bûcher dit Tophet, ou mieux Taphel, on sacrifiait des enfants en sacrifice de possession ou sacrifice molk, c'est-à-dire en holocauste. Nous avons vu qu'on en trouvait une évocation dans Isaïe, XXX, 33, où le prophète explique que l'armée assyrienne sera anéantie sur un taphet « profond et large, bûcher enflammé plein de bois que le souffle de Yahvé consumera comme un torrent de soufre ». La comparaison de II Rois, XXIII, avec trois passages de Jérémie ne laisse place à aucun doute."
    (NDLR :
    souffle de Yahvé à rapprocher de Asmodée, ou Asmodeus, qui est « le Souffle Ardent qui fait Périr »)


    Le dieu terrible serait donc Yahvé !

    - Extrait du Psaume 118 si prisé !


    27 "Yahweh est Dieu, il fait briller sur nous la lumière. Attachez la victime avec des liens, jusqu'aux cornes de l'autel."
    (Bible Crampon 1923)

     

    - Ézéchiel XX, 26-27

    "Je les ai rendus impurs par leurs dons, quand ils faisaient passer par le feu tous les premiers-nés. C’était pour les frapper de stupeur, afin qu’ils sachent que Je suis le Seigneur.

    C’est pourquoi, parle à la maison d’Israël, fils d’homme. Tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Sans cesse, vos pères m’ont outragé par les infidélités qu’ils ont commises."

     

    (7) -  Les Gaulois "pensent qu'on ne saurait apaiser les dieux immortels qu'en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme, et il y a des sacrifices de ce genre qui sont d'institution publique"...
    (César livre VI, § 16) 

     

     (8) - "C'était au xve siècle, quelque part sur la côte nord du Pérou. Des dizaines d’enfants et de jeunes lamas attendaient sur une dune de sable à 300 mètres de l’océan Pacifique. Sans doute ignoraient-ils qu’ils étaient là pour être mis à mort au cours d’un rituel qui produira le plus grand sacrifice d’enfants et d’animaux connu.

    Cinq siècles plus tard, près du petit port de Huanchaquito, à 10 kilomètres de la ville péruvienne de Trujillo, l’équipe de Gabriel Prieto, de l’université Yale, et de John Verano, de l’université Tulane (Louisiane), dont je fais partie, remet leurs corps à la lumière du jour et fait une constatation étrange : tous les cœurs des enfants et des lamas ont été extraits ! Aujourd’hui, le site de Huanchaquito-Las Llamas nous fournit un témoignage spectaculaire sur les sacrifices effectués par l’une des sociétés préhispaniques du nord du Pérou : les Chimús. Et l’enquête anthropologique qui en a découlé nous révèle que ces rites répondent à une logique somme toute commune…"
    Source : Les enfants Chimús sacrifiés

     

     

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